Chants d’une nuit d’été

La grande mosquée de Sefrou, à quelques pas de la maison

Au Maroc, les nuits étaient silencieuses, sauf, bien sûr, au mois de Ramadan quand la population, après le coucher du soleil, célébrait et mangeait pour souligner la fin du jeûne. Une seule chambre de ma maison donnait sur la rue, une des rues principales de la médina, mais la circulation cessait après 22 heures. Le quartier n’avait pas de café à l’époque, et les camions et les voitures ne le troublaient pas. Depuis longtemps les petits commerçants avaient fermé leurs boutiques pour rentrer chez eux.

De temps en temps on entendait des passants dans la rue en bas, surtout ceux qui revenaient du cinéma ou du hammam, mais cette circulation cessait avant minuit. Sur la terrasse, un hibou se perchait sur la muraille, peut-être pour appeler son compagnon, mais cela n’arrivait pas souvent, et les superstitieux le prenaient pour un signe de malheur. La vieille ville dormait tranquillement. Seti Messaouda ne se réveillait qu’avec le Fajr, qui appelait les fidèles à la prière. La voix toujours belle et attirante du muezzin retentissait sur les pierres dont les murs de la médina étaient constitués. Cet appel à la prière me réveillait souvent. Dans un état semi-conscient, entre le rêve et la veille, je le trouvais très beau. Comme le dit le muezzin: la prière est meilleure que le sommeil (ٱلصَّلَاةُ خَيْرٌ مِنَ ٱلنَّوْمِ).

Cette cigale périodique, qui aura passé 17 ans à se développer sous terre, émerge enfin. Elle laisse sécher les ailes avant de prendre sa place dans le chœur du couvert forestier. Si par chance elle réussit à échapper à ses prédateurs, elle vivra encore deux semaines. Photo prise derrière notre maison.

Aujourd’hui, par contre, bien que nous vivions à la campagne, les nuits sont pleines de bruit, un vacarme dominé surtout par les chants des cigales périodiques. Hautes dans le couvert forestier, les cigales, qui ne sortent du sol qu’après de longues années, chantent toute la nuit en quête, brièvement, d’un compagnon. Là où il n’y a pas d’arbres près de la route, c’est les grillons qui chantent, mais ces nuits-ci, leur chant est étouffé par celui des cigales.

L’été bat son plein, mais il est à la veille de se rafraîchir comme pour annoncer l’automne. Dans le ciel, les Perséides viennent de nous livrer leur spectacle. Les oiseaux migratoires se préparent à s’en voler vers le sud, ou bien, comme les hirondelles, sont déjà partis. Les jours se raccourcissent, et le soleil se couche chaque jour un peu plus tôt et un peu plus au sud. Sur notre terrasse au bord du lac, nous remarquons le point où le soleil couchant disparaît à l’horizon, et nous ne pouvons que constater son mouvement inéluctable.

Au milieu du mois d’août, le soleil couchant se déplace petit à petit vers le sud, s’éloignant de la ville de Toronto, dont les gratte-ciels, loin d’une cinquantaine de kilomètres, semblent flotter à l’horizon.

Author: Dave

Retired. Formerly school librarian, social studies teacher, and urban planner.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s